Le nom de Makthar est attesté dans les inscriptions puniques de siècle avant J.C. Sous la forme de M'KTRYM. Dans les inscriptions latines, il s'écrivait MAKTARIS; il n'a donc pratiquement pas changé peut être même depuis la naissance de la ville ; il s'agit d'un toponyme autochtone qui prouve bien qu'il s'agit d'une fondation numide.

Makthar n'est pas citée par des sources classiques, grecques et latines ; son histoire durant la deuxième moitié du millénaire (depuis la naissance jusqu'à l'arrivée des Romains) repose sur les monuments qu'elles a conservés.

La période préhistorique est représentée par les sites découverts dans les environs et qui attestent de l'ancienneté de la présence humaine dans la région. A Makthar même, il n'ya pas à notre connaissance de traces de présence humaine durant la période préhistorique.

La période dite préhistorique et qui correspondant à la deuxième moitié du millénaire et à la première moitié du millénaire avant J.C. est illustrée par les monuments funéraires mégalithiques qu'on rencontre aussi bien à Makthar même que dans les sites environnants (Maghraoua, Thigibba, Henchir Ghayadha, Mididi, ..etc.)



Arc bab el ain

A partir du V e siècle et surtout durant la IV e et III e siècle Makthar est comme d'ailleurs la plupart des sites numides  soumise à une influence punique à la fois importante et profonde : influence qui va se traduire par un changement de comportement de ses habitants : ils adoptent de plus en plus la civilisation punique dans ses divers aspects :religion, pratiques funéraires organisation politiques etc.

Il est fort probable que la région est soumise directement à Carthage au lendemain de la révolte des Libyens et des mercenaires ( 241-237 avant J.C).

En 153 avant J.C , au plus tard, la région de Makthar est « récupérée », en même temps que d'autres territoires, par le roi numide Massinissa qui régna entre 202 et 148 avant J.C ; elle restera sous le pouvoir des rois numides jusqu en 46 avant J. C année du rattachement de la Numidie à l'empire Romain.



Arc de TRAJON


C'est durant cette période en 127 avant J.C que fut gravée l'inscription néopunique de Jbel Massouje à quelques Kilomètres au nord de Makthar, qui montre que le pays était divisé en «  territoires ».
Au moins jusque sous Trajan, Makthar est une cité libre qui a gardé à la fois son territoire, son mode de vie et son organisation propre.


Les arcades

Entre 116 après J.C. date de la construction du Forum et 180 après J.C , date de la construction du capitole (entre 176 et 180 après J.C), la ville connaît une période de romanisation profonde de sa population ; les riches maktharois sont de plus en plus nombreux à devenir des citoyens romains ; la ville commence à changer d'aspect et à devenir une ville romaine . C'est sous le règne de Marc Aurèle que la ville accède au statut de colonie ; ses habitants obtiennent aussi la citoyenneté romaine.

Makthar était représentée par un évêque au concile de
256 après J.C qui a eu lieu à Carthage ; au concile de 411 après J.C, alors que la plupart des cités était représentées par deux évêques, un catholique et un donatiste,Makthar n'avait qu'un seul représentant , un évêque nommé comparator de l'église schismatique.


L'amphithéâtre


De 439 à 533 après J.C, la ville, comme le reste du pays vécut la domination vandale. Elle n'a pas conservé de monuments datables avec précision de cette époque.

Durant la période byzantine, Makthar joua un rôle important dans le système de défense qu'installèrent les Byzantins. De nombreux monuments sont transformés en fortification ; c'est le début de la période de déclin. La période musulmane qui commence au VIII ème siècle semble être, pour ce qui est de l'urbanisme à Makthar, une continuité de la période Byzantine ; nous n'avons conservé aucun monument datant de cette époque même si l'archéologie permet de dire que la ville a continué à être habitée, très probablement jusqu'au X ème siècle.